Notes d'intentions écrites en 2006 :
L'idée de 2005 ou l'ironie de la vie m'est venue durant l'été 2005 justement. Je voulais depuis longtemps travaillé sur une histoire d'amour entre deux personnages mais le traitement habituel à ce genre d'histoire ne m'intéressait pas vraiment.
C'est pourquoi j'ai décidé de parler de la fin d'une relation amoureuse à travers le manque de communication au sein d'un couple. Nous avons donc d'un côté l'homme qui veut rompre et de l'autre la femme qui veut que la relation continue. La femme va donc sans arrêt quémander l'amour de son ami, lui va lui répondre de manière toujours brève et détachée, en lui mentant et lui faisant croire qu'il l'aime encore car il n'a pas le courage de lui dire la vérité en face. Ce qui m'intéressait donc visuellement était de traiter cet éloignement mental du personnage de l'homme, sachant que les deux personnes sont, dans l'espace scénique, très proche. Je les ai donc éloignés de plusieurs façons, soit en jouant sur les focales (l'homme est flou, la femme est nette et vice-versa) soit en mettant un objet entre l'un et l'autre ou en utilisant les miroirs (j'y reviendrais plus bas). D'ailleurs, le film commence sur un verre qui se brise, symbole de la fin de cette relation.
Il me fallait également parler de la raison de cette rupture, raison que l'on peut résumer à travers cette citation de Bussy Rabutin : « L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ; il éteint le petit, rallume le grand ». La raison est donc le fait que l'homme s'est absenté pendant quelques temps de celle qu'il aimait. Cette absence dans un lieu paradisiaque que l'on voit dans la film sous forme de flashback, a permis à l'homme de rencontrer quelqu'un et d'oublier celle qu'il aimait vraiment durant ce lap de temps. Ce qui lui fait donc prendre cette décision de rompre. Mon intérêt en tant que réalisateur était justement de montrer comment un couple va se détruire simplement à cause d'un fantasme, car en aucun cas l'homme n'a trompé son amie, il aurait juste aimé le faire. En cela, les souvenirs justement évoqués ont été extrêmement stylisés. En effet, l'homme ne se souvient pas exactement de celle qu'il a rencontré là-bas, il la substitue d'ailleurs par des passages de films célèbres dans laquelle il la met en scène. C'est pourquoi les flashbacks apparaissent en noir et blanc avec un effet de vieillissement de la pellicule et que l'actrice jouant le rôle de Sofia, le fantasme en question, à savoir Zelda Rosset-Colon, a été volontairement iconisé dans cette séquence où elle devient tour à tour Katherine Hepburn, Ava Gardner, Sue Lyon, Marilyn Monroe et Zhang Ziyi dans l'esprit de l'homme.
Mais 2005 ou l'ironie de la vie est aussi un film sur l'art, la peinture en l'occurrence mais surtout comment la vie privée va avoir des répercussions sur le processus créatif d'un artiste. L'évolution du personnage de l'homme est très simple. Il est peintre et ne trouve plus l'inspiration depuis qu'il veut quitter son amie et va réussir à peindre à nouveau que dans la souffrance, une fois qu'il se sera rendu compte qu'il a tout perdu. Mais de cette souffrance ne va naître qu'une seule et unique toile. Pour moi, il était donc important d'adopter le point de vue de cet homme, passionné d'art dont le premier flashback est composé uniquement de photographies symbolisant son activité de peintre, vient alors le second, des vignettes de cinéma, qui va ensuite nous emmener à la réalité de son ultime toilé qu'il va peindre après avoir été blessé à la tête (gros plan volontaire sur la blessure qui nous amène au cerveau donc à l'inspiration en question). Et là, l'écran se divise en quatre (split-screen) pour nous montrer dans sa globalité l'avancée de la peinture en question jusqu'à son apparition finale. Ce n'est d'ailleurs pas une excentricité de ma part si dans le split-screen, certains plans sont en accéléré mais un choix qui s'explique par le fait que l'accélération a été mise uniquement sur les plans de préparation du tableau (esquisses et premiers jets de peintures) car lorsque l'on crée (et en cela, je parle de toute création, et non seulement la peinture) on commence rapidement afin de poser de suite ce que l'on a en tête et ensuite seulement, nous peaufinons.
Parlons du dernier point réellement important du film à savoir justement les pensées de cet homme. En effet, tout se passe du point de vue l'homme dans le film, en cela deux mondes vont se créer celui de son esprit et le monde réel. Pour symboliser cela, j'ai donc utilisé le miroir. A chaque fois que l'homme partira dans son monde, ce sera le miroir qui viendra symboliser cela, miroir qui de plus sépare encore plus les personnages. On le voit d'ailleurs dans une séquence où la femme est dos au miroir et ne se reflète pas dedans alors que l'homme est entièrement piégé à l'intérieur de ce miroir. C'est d'ailleurs pour cela que le film s'appelle 2005, une date dont le 05 affiché de manière digital est l'exact reflet du 20.
Aujourd'hui, en 2008 :
J'aime beaucoup ce court-métrage, mais il me pose problème sur un certain point : à savoir que si j'avais lu son résumé, je n'aurais jamais été voir un tel film. Le fait que ce court-métrage ne soit pas un film de genre m'embête au plus haut point, et ce sera la dernière fois que cela se produira.
L'idée de 2005 ou l'ironie de la vie m'est venue durant l'été 2005 justement. Je voulais depuis longtemps travaillé sur une histoire d'amour entre deux personnages mais le traitement habituel à ce genre d'histoire ne m'intéressait pas vraiment.
C'est pourquoi j'ai décidé de parler de la fin d'une relation amoureuse à travers le manque de communication au sein d'un couple. Nous avons donc d'un côté l'homme qui veut rompre et de l'autre la femme qui veut que la relation continue. La femme va donc sans arrêt quémander l'amour de son ami, lui va lui répondre de manière toujours brève et détachée, en lui mentant et lui faisant croire qu'il l'aime encore car il n'a pas le courage de lui dire la vérité en face. Ce qui m'intéressait donc visuellement était de traiter cet éloignement mental du personnage de l'homme, sachant que les deux personnes sont, dans l'espace scénique, très proche. Je les ai donc éloignés de plusieurs façons, soit en jouant sur les focales (l'homme est flou, la femme est nette et vice-versa) soit en mettant un objet entre l'un et l'autre ou en utilisant les miroirs (j'y reviendrais plus bas). D'ailleurs, le film commence sur un verre qui se brise, symbole de la fin de cette relation.
Il me fallait également parler de la raison de cette rupture, raison que l'on peut résumer à travers cette citation de Bussy Rabutin : « L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent ; il éteint le petit, rallume le grand ». La raison est donc le fait que l'homme s'est absenté pendant quelques temps de celle qu'il aimait. Cette absence dans un lieu paradisiaque que l'on voit dans la film sous forme de flashback, a permis à l'homme de rencontrer quelqu'un et d'oublier celle qu'il aimait vraiment durant ce lap de temps. Ce qui lui fait donc prendre cette décision de rompre. Mon intérêt en tant que réalisateur était justement de montrer comment un couple va se détruire simplement à cause d'un fantasme, car en aucun cas l'homme n'a trompé son amie, il aurait juste aimé le faire. En cela, les souvenirs justement évoqués ont été extrêmement stylisés. En effet, l'homme ne se souvient pas exactement de celle qu'il a rencontré là-bas, il la substitue d'ailleurs par des passages de films célèbres dans laquelle il la met en scène. C'est pourquoi les flashbacks apparaissent en noir et blanc avec un effet de vieillissement de la pellicule et que l'actrice jouant le rôle de Sofia, le fantasme en question, à savoir Zelda Rosset-Colon, a été volontairement iconisé dans cette séquence où elle devient tour à tour Katherine Hepburn, Ava Gardner, Sue Lyon, Marilyn Monroe et Zhang Ziyi dans l'esprit de l'homme.
Mais 2005 ou l'ironie de la vie est aussi un film sur l'art, la peinture en l'occurrence mais surtout comment la vie privée va avoir des répercussions sur le processus créatif d'un artiste. L'évolution du personnage de l'homme est très simple. Il est peintre et ne trouve plus l'inspiration depuis qu'il veut quitter son amie et va réussir à peindre à nouveau que dans la souffrance, une fois qu'il se sera rendu compte qu'il a tout perdu. Mais de cette souffrance ne va naître qu'une seule et unique toile. Pour moi, il était donc important d'adopter le point de vue de cet homme, passionné d'art dont le premier flashback est composé uniquement de photographies symbolisant son activité de peintre, vient alors le second, des vignettes de cinéma, qui va ensuite nous emmener à la réalité de son ultime toilé qu'il va peindre après avoir été blessé à la tête (gros plan volontaire sur la blessure qui nous amène au cerveau donc à l'inspiration en question). Et là, l'écran se divise en quatre (split-screen) pour nous montrer dans sa globalité l'avancée de la peinture en question jusqu'à son apparition finale. Ce n'est d'ailleurs pas une excentricité de ma part si dans le split-screen, certains plans sont en accéléré mais un choix qui s'explique par le fait que l'accélération a été mise uniquement sur les plans de préparation du tableau (esquisses et premiers jets de peintures) car lorsque l'on crée (et en cela, je parle de toute création, et non seulement la peinture) on commence rapidement afin de poser de suite ce que l'on a en tête et ensuite seulement, nous peaufinons.
Parlons du dernier point réellement important du film à savoir justement les pensées de cet homme. En effet, tout se passe du point de vue l'homme dans le film, en cela deux mondes vont se créer celui de son esprit et le monde réel. Pour symboliser cela, j'ai donc utilisé le miroir. A chaque fois que l'homme partira dans son monde, ce sera le miroir qui viendra symboliser cela, miroir qui de plus sépare encore plus les personnages. On le voit d'ailleurs dans une séquence où la femme est dos au miroir et ne se reflète pas dedans alors que l'homme est entièrement piégé à l'intérieur de ce miroir. C'est d'ailleurs pour cela que le film s'appelle 2005, une date dont le 05 affiché de manière digital est l'exact reflet du 20.
Aujourd'hui, en 2008 :
J'aime beaucoup ce court-métrage, mais il me pose problème sur un certain point : à savoir que si j'avais lu son résumé, je n'aurais jamais été voir un tel film. Le fait que ce court-métrage ne soit pas un film de genre m'embête au plus haut point, et ce sera la dernière fois que cela se produira.


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