Notes d'intention publiées en 2004
J'ai eu l'idée de faire ce court-métrage avant tout par rapport à un manque, celui de tourner. Ça faisait des mois que le tournage de « Quand Le faucon dort » était en stand-by et il restait deux mois avant celui de « Blood Dead Sheriff ». J'ai réfléchi et je me suis dit qu'on pourrait alors faire un court-métrage promotionnel co-réalisé par plusieurs membres de l'association et tourné très rapidement.
Il nous fallait alors une histoire et c'est sous l'influence du film « May » de Lucky McKee que j'ai trouvé la trame principale. Et bien évidemment, pour montrer qu'il s'agit bel et bien d'un hommage, j'ai donné au personnage principal le nom d'Avril.
L'intérêt étant qu'il y est plusieurs films en un, j'écrivais et réalisait les inter-séquences tandis que je laissais aux autres le soins d'écrire et réalisés les autres séquences comme bon leur semblait. L'héroïne étant censé être folle, tout était possible. Sachant qu'il était déjà préétablie que la première séquence serait un gunfight réalisé par Mathieu Gasquet, qui était alors frustré par l'abandon d'un précédent projet similaire. Cela introduisait le principe du film dans le film, relié ici à la folie du personnage, et montrait donc au spectateur qu'il entre bel et bien dans un univers purement mental. Des indices sont laissés un peu partout dans le film quand au degré de réalité dans lequel on se situe. Par exemple, la chambre d'Avril est la même que celle utilisée dans la séquence de gunfight, par conséquent lorsqu'Avril est dans sa chambre, elle n'est pas dans la réalité. Ce qui laisse plusieurs interprétations possible du plan final. Une séquence en particulier se situe dans les deux mondes (le réel et l'imaginaire). C'est celle ou Avril téléphone à Mathieu et que l'écran se divise en deux. Le côté d'Avril est sombre et contrasté, rempli d'affiches de film et son téléphone est ancien, tandis que le côté de Mathieu est en éclairage naturel, sobre avec un fond vert. D'ailleurs, le fait que la chambre d'Avril soit remplies d'affiches de films n'est pas un hasard, ces affiches sont là pour accentuer le fait qu'Avril vit bel et bien dans un monde imaginaire, ici le cinéma. Ces affiches auraient très bien pu être celles de groupes de musiques, ou des étagères de livres, le principe aurait été le même, il fallait montrer qu'Avril était passionné par quelque chose. Et le plus logique pour une actrice n'est-il pas d'être passionné de cinéma ?
Mon avis en 2008 :
Que rajouter d'autres si ce n'est que ce fut un réel plaisir de travailler avec cette équipe de comédiennes, et toute l'équipe de Falcon Movies dans des conditions aussi extrêmes (seulement 30 heures de tournage) et que si c'est à refaire, alors je suis partant.
Tout d'abord, je tenais à dire que j'aime beaucoup toute la première partie du film réalisé par mon collègue et ami Mathieu Gasquet, une scène de fusillade ambitieuse, malheureusement écourtée par un problème technique indépendant de notre volonté.
La transition de la séquence de Mathieu Gasquet à la mienne n'est pas évidente et cela est entièrement de ma faute, j'en suis désolé. Les parties que j'ai réalisé fonctionnent plutôt bien dans l'ensemble, je pense bien que l'on y retrouve un côté encore amateur. Néanmoins, je pense avoir fait une faute de gout assez énorme, à savoir le split-screen de la conversation téléphonique qui fait apparaître ce fond vert ignoble et bien trop flashy. C'est ce qu'on appelle de la symbolique lourdingue puisque le but recherché n'était autre que de montrer la différence entre le monde réel (mathieu sur fond vert) et le monde imaginaire qui est celui d'Avril. En tous cas, j'ai beaucoup aimé cette expérience et j'aime voir ce film comme une variation féminine de "Comment tuer quelqu'un sans éveiller de soupçons".